Même pas mouillé

Comme je l’expliquait dans mon billet précédent, je suis de retour dans l’Oisan où j’avais plus mis les pieds depuis 5 ans. C’est un réel plaisir de retrouver cette vallée et toutes les possibilités qu’elle recèle.

Voici donc en quelques lignes le récit de mes aventures des derniers jours.

Journée d’acclimatation et montée à 2600

Jeudi passé j’étais encore seul, Guillaume ne pouvait pas encore m’accueillir chez lui étant donné qu’ils étaient en famille. Je suis donc parti m’acclimater de mon coté. Je suis monté derrière l’aiguille du Lauzet que je me souvenait avoir grimpe à l’époque (j’avais 12 ans) par la via ferata.

J’ai complétement explosé mes estimations en temps. En effet, je pensais mettre 3h jusqu’au col … raté, j’en ai mis 2 .. je pensais mettre 2h pour traverser vers le col suivant … raté, j’ai mis 1h … puis pour la descente j’avais déjà mieux estimé. J’avais estimé 1h de descente, et c’est en 45min que j’étais à la voiture. Bref, finalement la promenade s’est avérée plus rapide que prévu. Mais ça m’a fait beaucoup de bien.

Une chose qui m’a particulièrement marqué est la foule de gens qui sont montés. D’accord que c’est un endroit fort parcouru, mais j’aurais jamais pensé voir autant de monde. J’ai croisé au moins 4 groupes de 10 personnes accompagnées d’un guide. Ces groupes, ou devrais-je plutôt dire ces « caravanes » marchaient lentement et le guide semblait s’arrêter régulièrement pour attirer le regard des gens vers les questions distractions de la montagne : marmottes, vaches, oiseaux, insectes, rochers, sommets, … à tel point que je me demande comment ils font pour garder le courage. Les gens qui montent avec un guide sont comme des touristes de ville, c’est à dire qu’ils s’attendent à ce qu’on leur tienne la jambe pendant toute leur promenade avec des descriptions de la vie en montagne et tout…
Pour moi la montagne c’est tout sauf ça. Ce que j’aime dans la montagne, et ce que j’aime partager aussi, c’est justement cette sérénité qu’on ne peut pas décrire, mais qu’on ressent quand on se retrouve dans ces grand espaces, seul au monde, dans cette nature qui nous dépasse et nous rend notre humilité.

Mais c’est sur qu’il faut de la montagne adaptée à tout le monde, et si on veut ouvrir le développement des vallées alpines, ça passe aussi par des activités plus « touristiques » et moins authentiques comme : le trail, le rafting, le kayak, la randonnée à dos d’ane, la randonnée nature, la marche, la marche nordique, l’escalade, les via feratas, le ski, …
Alors qu’initialement la montagne c’est pas tout ça ! La montagne c’est vraiment l’alpinisme, en tout cas dans ces hautes vallées. C’est intéressant de voir comment évoluent ces vallées d’année en année.

La descente et la fin de journée fut malheureusement un peu douloureuse suite aux deux énormes cloches que je me suis faites dans la descente. J’aurais jamais cru que mes bottines, achetées pour mon expédition au Kirghizistan, seraient redevenus rigide en 2 ans de temps. Du coup, j’ai pas protégé mes talons avant de partir, et en moins de temps qu’il faut pour le dire j’avais deux gros steaks bien rouge au niveau des talons … Inutile de dire que ça s’annonçait bof pour marcher les prochains jours.

Arrivée chez Guillaume et petite mise en jambe

Arrivé chez Guillaume dans son chalet familial ça faisait plaisir de le revoir. Ca faisait depuis mon retour du Vietnam que je ne l’avais plus vu. C’était même un peu bizarre de le revoir dans un tout autre cadre.

L’après-midi on a enchaîné directement en allant grimper au dessus de Briancon. Une « petite voie » de 10 longueurs. Ce n’est que vers 16h qu’on était au pied de la voie. Drôle de voie car les cotations semblaient peu homogènes : un début en IV suivi par 2 longueurs en 6a-6b …
Finalement ayant vraiment trop mal aux pieds j’ai tout grimpé en baskets, sauf la dernière longueur en 6b (soi-disant … car pour moi ça valait quand même pas 6b).

Montée au refuge du Pavé

Les conditions météos pour ce weekend étaient mauvaises :
– samedi : sec le matin, pluie l’après midi avec neige à partir de 2500m
– dimanche : éclaircies le matin puis retour de la pluie en milieu de journée

Bref, pas très encourageant pour nous lancer dans notre projet : Traversée Pavé – Meije Orientale

C’est donc vers 6h que le réveil sonne pour profiter un maximum du temps sec du matin. (Sans compter qu’on avait pas été se coucher très tôt). Le sac vite fait, nous voilà parti sur la route en direction de la Grave. Mais il n’est pas question de monter au refuge trop tôt dans la journée : on va s’embêter au refuge. On a donc décidé de se faire une « petite voie » de 5-6 longueurs le matin.

C’est à 9h qu’on est au pied de la voie et qu’on se lance à l’attaque de la face en V. Une fois de plus, n’ayant pas envie de m’amocher les pieds … surtout que je savais qu’on allait passer l’après-midi à marcher vers le refuge, j’ai pas mis les chaussons et j’ai tout grimpé en baskets. C’était un peu limite, mais ça passait bien. Et c’est vers 12h que nous sortons au sommet de la face. Vers 12h20 nous revoilà à la voiture et on repars pour aller au pied de la montée au refuge du Pavé.

C’est donc à 13h que nous entamons la longue montée au refuge du Pavé avec nos gros sacs sur le dos. Il ne pleut pas encore … mais ça sent la pluie à plein nez. De fait, à peine 20min après être partis, nous voilà sous une pluie qui ne va plus nous lâcher jusqu’à notre arrivée au refuge. Cette montée au refuge était dure … 1200 mètres de dénivelé à faire qui se termine sur un énorme moraine de cailloux … autant dire qu’on n’a pas rigolé. A ça il faut ajouter que le refuge est à 2900 et que la neige nous a vite rattrapés. Il fait froid, on est crevé (c’est pas comme si on avait grimpé 4h le matin), on en a marre, on est humide et mouillés jusqu’aux os … Bref : le bonheur d’être en montagne 🙂

Arrivé au refuge (qui doit être un des moins beaux refuge des Alpes : une bête cabane de chantier vaguement aménagée) on pouvait déjà compter 10cm de neige fraiche. Heureusement que l’accueil était vraiment bon. La gardienne nous a préparés une superbe lasagne faite maison, un vrai régal ! Rien que pour l’accueil je retournerais bien volontiers dans ce refuge.
Evidement le soir on a passé beaucoup de temps à discuter sur ce qu’on allait faire le lendemain : les conditions étaient clairement médiocres. La neige continuait de tomber et difficile de savoir comment allait passer l’arête le lendemain. On hésite entre un levé à 3h30 et une tentative jusqu’au col pour décider une fois au col ce qu’on fait, ou alors un levé à 7h et puis d’abandonner l’idée de partir sur l’arête…

Finalement même la gardienne nous déconseille un peu de nous lancer dans l’arrête car ça risque d’être dur et pas vraiment nous procurer du plaisir. Malgré ça, vers 6h, Guillaume me réveille :

  • Dis Greg, tu viens?
  • C’est quoi le plan?
  • On mange puis on retourne dormir !
  • Ben dans ce cas, moi je reste dormir !!

En effet, ce refuge est si petit que si on mange tous ensemble c’est un peu serré (entre tous les vêtements qui sèchent de la veille). Mais bon, c’est pas une raison pour se lever avant les autres !

Peu après le petit déjeuner, de superbes ouvertures se font dans les nuages et on peu admirer toutes ces superbes faces complétement plâtrées de neige. C’est vraiment magique ! On décide donc de quand même monter un peu et d’aller jusqu’à la Brèche du Chamois d’où on devrait avoir une meilleure vue. La montée ne fait que 500m de dénivelé et en 1h30 on l’avale assez bien. Notre persévérance est récompensée par quelques superbes éclaircies entre les nuages avec des vue absolument à couper le souffle. Des nuages qui se découpent dans tous les sens, des faces de granite poudrées de blanc qui montrent le bout de leur nez et jouent à cache cache avec les nuage. Bref, c’était vraiment fabuleux.

Puis la descente … longue et interminable … mais bon, c’est le prix à payer pour voir cette belle montagne. Et puis aucun regret de ne pas avoir fait cette traversée initialement prévue. Ca aurait été vraiment dans des mauvaises conditions, on se serait fait peur et on aurait vraiment pris des risques alors que notre but est avant tout de se faire plaisir.

Retour des beaux jours et journée découverte à l’escalade en falaise

Avec les beaux jours qui reviennes je me suis dit qu’il était grand temps de reprendre le chemin de la falaise pour aller tatonner le calcaire de nos belles falaises belges. C’était bien vu car samedi passé il faisait superbe et malgré des prévisions assez moyennes on a vraiment eu des conditions au top de ce qu’on pouvait espérer.

L’objectif de la journée était de faire une journée de déouverte à l’escalade en falaise. Le public cible était donc des gens qui ont une faible expérience de l’escalade ou en tout cas de l’escalade en falaise. On est donc parti sur le massif de la Jonction à Beez pour y faire quelques moulinettes. Une fois la journée lancée on a fait un peu de rappel et même pour bien terminer la journée tous les participants ont pu faire une longue voie de 2 longueurs.

Mais quoi de mieux que de faire ça en bord de Meuse. C’est vrai que les falaises étaient bien fréquentés pour un début de saison, mais il faut évidement savoir partager les falaises.

Tout le monde était content de la journée et le bilan était très positif. Grâce à l’aide précieuse de Florian qui m’a secondé dans l’encadrement.

Merci à tous pour cette superbe journée

En route vers le froid, sur les pas de l’homme

Et bien oui, j’aime le froid et je m’en vais pour le froid. Je vous laisse avec votre Belgique chaude et humide pour des terres froides, sèches et arides. Je m’en vais en Mongolie. Non, je n’y vais pas pour faire du cheval ou du traineau à neige … j’y vais pour m’y promener et découvrir ces paysages interminables dans l’immobilité du silence et les admirer.

Le projet est de partir au Lac Khövsgöl et de le traverser de part en part pendant le mois de janvier 2010. Donc oui, ça ne sera pas une épreuve de natation, mas bien de la marche. Oui, je marche sur l’eau … surtout quand les températures passent en dessous de -35°C !! Nous partons à trois. Deux d’entre nous sont déjà sur place et m’attendent pour commencer. Nous partirons à l’aventure, sous tente, à la dure.

Vous allez évidement me dire que c’est de la folie. Et pourtant ! Quand on pense que depuis plus de 1000 ans, des gens habitent ces contrées et vivent de leur agriculture et de leurs bêtes… pourquoi ne pourrions nous pas tenter le coup? Nous seront équipés de pulkas (traineaux à neige tirés par l’homme) ce qui nous permettra de transporter une plus grande quantité de matériel que si nous devions tout porter sur notre dos.

Inutile de vous dire que le matériel sera conséquent ! Il faut non seulement prévoir les vivres et la tente, mais aussi les gros pulls en laine et les peaux de bêtes qui nous permettrons de nous tenir chaud. Ca sera indispensable.

Vous êtes plusieurs à me demander de vous ramener des photos et des vidéos. Sachez que ce que je verrais là-bas ne pourra sans doute pas se réfléter par des images prises dans une petite boite. En effet, vous ne ressentirez pas le froid, vous ne sentirez pas le vent ou la fatigue… et vous ne serez pas entourés par deux bons amis avec qui vous partagez l’aventure. Mais je ferrais ce que je peux pour vous partager mon aventure, et surtout vous donner envie de partir vous aussi, dans les contrées qui vous attirent, avec les gens que vous aimez ! Car un voyage c’est pas seulement l’endroit, mais c’est aussi et même d’avantage les gens.

Sur ce je vous laisse. Je m’en vais préparer mon sac et mes affaires. Je vous partagerais petit à petit mes impressions, dans la mesure ou j’aurais accès à mon blog, et j’espère vous retrouver nombreux à mon retour pour vous partager mes aventures, mais aussi pour vous témoigner mon amitié.

Plus d’infos sur les préparatifs de l’expé sont disponibles ici : http://capexpe.org/mongolie2009/

Escalade : facteurs de performance

Mental

Le mental comprend plusieurs aspects :

  • La gestion du stress
  • L’engagement
  • La mémorisation
  • La concentration

Ce sont certes des éléments qui semblent évidents, mais lorsqu’on est dans un réel projet de réalisation d’une haute performance, il faut se concentrer sur ces points pour vraiment optimaliser la forme de l’athlète.

Energetique

D’un point de vue énergétique, les filaires à travailler sont essentiellement musculaires :

  • La force
  • L’endurence
  • La récupération

A ce niveau là je vous renvoie vers l’article précédent : Escalade : entrainement et préparation à la compétition

Technique (gestuelle)

Ici nous avons :

  • Le schéma corporel : la représentation du corps dans l’espace
  • Le répertoire gestuel : l’expérience des mouvements qu’on a déjà faits
  • L’interface : le lien qui unit le grimpeur avec la surface – kinesterie
  • La coordination (intermusculaire)
    • Maitrise de la motricité
    • Capacité d’équilibre
    • Capacité de combinaison de mouvements
    • Capacité d’orientation dans l’espace
    • Capacité d’harmonisation des forces
Tactique
  • Plannification du geste
  • Réorganisation
  • Stratégie :
    • Lecture générale et affinée
    • Mousquetonnage
    • Gestion des PME (repos)
    • Gestion du rythme et de l’économie
    • Grimpe intelligente
Exercices de gestuelle :
  • Favoriser la montée des pieds
    • groupé – dégroupé
    • monter les pieds très haut
  • Atelier
    • dessin
    • lecture avec prof
    • faire la voie
  • grimper au ralenti
  • grimpe avec des inversées
  • se pousser sur les prises basses
  • maximum de changements de pieds
  • grimpe 2 fois avec les mains, puis 3 fois avec les pieds

Escalade : entrainement et préparation à la compétition

Entrainement de la force

La force peut se découper en trois pôles principaux :

  • La force maximum
  • La force vitesse
  • La force endurance
Le bloc

En escalade le bloc peut s’assimiler à la force maximale (à condition de faire des blocs de peu de mouvements) :

  • 100 – 95% de sa force maximum en continu
  • 1 à 12 mouvements
  • 15 -30 minutes de récup entre chaque récupération
  • 48 – 72h entre les séances minimum

En bloc on travail vraiment la force max à condition de vraiment faire des mouvement très durs en continu et être en permanence « au taquet ». Il ne peut pas y avoir un repos dans la voie, tous les mouves doivent être des mouves de votre niveau max.

Rési courte
  • 90 – 80% de sa force max
  • 15 – 20 mouvements
  • 30 minutes entre les voies
  • 24 – 48h entre les séances minimum

Ici on est dans des mouves difficiles mais suffisement faciles pour être capable d’en faire entre 15 et 20. Mais après 20 mouvements on ne doit plus être capable d’en faire encore un. On ne doit pas avoir une sensation de dobbage, mais une sensation de manque de force (« zone rouge »). Le dobbage n’apparaît qu’après l’effort avec une sensation de picotement dans les avant-bras.

En rési courte on ne peut pas avoir de repos sur les mouvements de la voie. Il faut vraiment continuer en permanence à fond. Si on prend à repos on tombe dans la rési longue, voire la conti si le repos sert vraiment à se refaire.

Rési longue
  • 80 – 70% de sa force max
  • 25 – 70 mouvements
  • 45 minutes entre les voies
  • 24h entre les séances minimum

En rési longue on faire un nombre nettement plus important de mouvements. Ces mouvement sont évidement plus faciles car on est à 80 – 70% de sa force max, mais de nouveau il faut éviter absolument de se reposer dans la voie. Si on tombe, on doit tombe à cause du dobbage (on doit avoir « les bouteilles »). Lorsqu’on n’arrive plus à serrer les prises.

Conti
  • 75 – 65% de sa force max
  • Pas de chute
  • de 10 à 200 mouvements, voire plus (pas de limite)
  • 12h – 24h de récupération entre les séances

Lorsqu’on travaille la conti on reste dans des mouvements faciles donc la chute n’est pas permise. Par contre on doit arriver à tenir sur la longueur. Ici il faut se reposer sur les mouvement et arriver à se « refaire ». Lorsqu’on fait de la conti on a une sensation de transpiration et d’effort comme si on avait couru un 100m. Après une séance de conti on a vraiment une sensation de fatigue générale. La conti se travail avec une sensation de dobbage très légère continue, mais ne doit pas dépasser un certain seuil, c’est pour ça qu’il faut savoir délayer pour tenir longtemps.

La conti se travaille typiquement dans les voies non-homogène où on se repose entre les parties difficiles d’une voie (crux). En falaise on retrouve souvent ce type de filière avec la nécessité de tenir sur des longueurs (50 mètres voire plus si on grimpe en alterné ou en simultané).

Conclusion

Pour un bon entrainement en force il faut absolument varier ces différentes filières afin d’avoir un développement complet au niveau de la force. Soit on peut mélanger les filières dans une même séances :

  • Conti pour l’échauffement
  • Bloc
  • Conti pour le retour au calme

Mais on peut aussi se concentrer sur une seule filière. Se concentrer sur une seule filière à la fois permet peut-être d’avoir une sensation d’évolution plus rapide, mais peut par contre avoir comme contre-effet de ne pas donner autant de durabilité à la force. Mélanger les séances permet de travailler à plusieurs niveau à la fois et donc après un arrêt de quelques semaines d’être mieux préparer à recommencer un entrainement. (à vérifier et à tester).

Pour ce qui est des périodes de repos, il est super important de restecter le repos entre les séances. Commencer une séance d’entrainement sur un corps fatigué peut engendrer des blessures ou peut simplement mener à une séance complètement non-productive. Il vaut donc mieux plannifier une séance bloc lorsqu’on est bien reposé et une séance conti lorsqu’on est un peu fatigué ou sorti la veille au soir.

En espérant que ces petit conseils auront pu vous aider !

Formation ESC II : l’aventure continue avec du théorique

Je vous avais déjà dit que je me suis lancé dans la formation de moniteur ADEPS d’escalade niveau 2. Et en effet, je ne chaume pas. La formation en tant que tel a commencée vers la mi-février et on a déjà du pain sur la planche avec tous les travaux qu’il faut préparer et autres.

Mais comme parmi les autres candidats, il y a surtout des professeurs d’éducation physique qui sont évidement déjà formé sur tous les aspects sportifs globaux, je me retrouve quasi seul à préparer les examens de cours généraux qui ont lieu dans deux semaines. J’ai reçu mes syllabus par la poste cette semaine. Ca va chier !!!

  • Biométrie
  • Anatomie
  • Théorie de l’entrainement
  • Physiologie
  • Aspects méthodologiques

Bref, que de la joie dans les chaumières. Je vous raconterais comment se seront passés mes examens !! 😉

Vivre au bout d’une corde

Lorsqu’on me demande si j’ai pris une bonne assurance vie pour aller grimper, je réponds en général que la meilleure assurance que je puisse prendre c’est encore d’avoir un bon compagnon de cordée et une corde bien solide. Contrairement à ce que l’on entend partout, l’escalade ou l’alpinisme n’est pas un sport dangereux… mais plutôt un sport d’ange heureux!

J’ai commencé l’escalade vers l’âge de 12 ans. Après avoir quitté les louvetaux, mes parents cherchaient à me caser avec des jeunes de mon âge pendant les vacances d’été. Ils ont finalement trouvé un groupe qui partait faire de la montagne. J’ai ainsi gravi mon premier 3000 à 12 ans, et puis je n’ai fait que continuer à m’attacher à la montagne. Grimper, au delà d’être un sport où l’on tente d’aboutir à un résultat, est aussi un choix de vie.

D’abord l’escalade, contrairement au tennis, au foot où à la danse, vous procure une sensation d’infériorité énorme. Lorsqu’on se trouve face à une paroi de roche de plus de 200m de haut, qu’on se retrouve là, avec son compagnon de cordée et sa corde … et qu’on se dit : « rendez-vous en haut » ça garde une connotation d’exploit quelque soit le niveau auquel on grimpe. Ensuite c’est une bataille, non pas contre quelqu’un, mais contre soi-même, une parfait maîtrise de soi, maîtrise du vide (du « gaz » comme on dit dans notre jargon).

Ca c’est évidement ce qu’on voit, une certaine éloge de la force, éloge de l’agilité du grimpeur, sa capacité à tenir sur des prises de plus en plus petites. Mais ce qu’on ne voit pas c’est que cette manière de prendre de la hauteur de se battre contre ce rocher, de se faire un avec ce dernier est aussi une manière pour s’extraire de la société qui nous entoure, se retrouver dans un environnement où l’homme n’est plus le maître, où l’homme est face à quelque chose de plus grand, plus fort que lui.

A coté de ça, il y a aussi la confiance de son compagnon de cordée. C’est pas toujours évident d’avoir un compagnon de cordée. Parfois on en a marre qu’il soit là, on en a marre de le voir … mais rien à faire, il est à l’autre bout de la corde, et heureusement pour soi. Mais c’est aussi celui avec qui on vit une expérience hors du commun, et malgré ces moments où on veut se retrouver seul, les plus belles amitiés, je me les suis faites en grimpant ! C’est dans ces situations là qu’on ne peut plus tricher, qu’on montre qui on est et jusqu’où on peut aller.

Pour conclure je dirais que l’alpinisme est un sport qui apporte énormément à toute personne s’investissant un peu. Mais il est important de ne pas le faire n’importe comment. Partir en montagne requiert une certaine formation et une certaine habitude. N’oublions pas que lorsqu’on arrive en montagne, c’est la nature qui redeviens maître et qu’elle est plus forte que nous. Il est important de le garder en tête.

Greg